Conseil municipal de Nanterre du 14/10/2008
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Mesdames et messieurs,

Je vais poursuivre la réflexion engagée par mon camarade Bruno Chanut et vous dire à quel point je suis impressionnée par la capacité de dissociation mentale du préfet Lelarge. Voilà un homme qui, pendant les deux années de concertation réglementaire Etat-région préside toutes les semaines les groupes de travail sur la finalisation du schéma d’aménagement d’Ile-de-France et il arrive à rédiger un rapport sur ce qu’il qualifie lui-même de « premier pôle régional d’affaires » sans en citer le nom tout au long de ces 50 pages !!!

Le SDRIF a été voté en septembre dernier après avoir été validé à l’unanimité par les commissaires enquêteurs désignés par l’Etat sur sa légalité, sur la qualité de sa concertation et sur la prise en compte des enjeux portés par l’Etat. Il vise à assurer un développement de notre région qui prenne en compte les impératifs écologiques tout en améliorant la qualité de vie et l’attractivité économique, garante des emplois. Les transports publics sont bien évidemment au cœur de ce schéma, avec toutefois la volonté de mieux organiser la région en bassin de vie, c’est-à-dire rapprocher habitat-emplois pour réduire les temps et les couts de trajet. Le rapport du préfet Lelarge pose un certain nombre de question sur la forme comme sur le fond sur la façon dont l’Etat  intervient dans ce pays actuellement.
Sur la forme :
  1. l’Etat souhaite intervenir en matière d’aménagement à partir des outils que sont les OIN – opérations d’intérêt national – et les Etablissements publics nationaux, c’est son droit ; mais quelle légitimité lui donne le droit de ploter alors qu’il ne veut pas investir dans le –projet amis, au contraire, autofinancer les infrastructures y compris la couverture de l’A86 A14 par les plus-values foncières ? Qui paie décide,  le conseil régional qui lui va investir fortement pour les infrastructures est lui réduit à la portion congrue et le conseil général préside sans assurer d’autre investissement que les déficits de gestion de la dalle;
  2. l’OIN couvre 50% du territoire de Nanterre mais les logements, en particulier sociaux, sotn renvoyés en dehors de l’OIN sans aucune mécanisme de taxe professionnelle unique; ce qui signifie que les communes qui auront les logements et donc la charge des équipements publics qui les accompagnent (crèches, centres de loisirs, gymnases, équipements culturels) n’auront pas les recettes fiscales induites par le projet ;
  3. l’Etat nous met en intercommunalité de fait avec Courbevoie et Puteaux, sans respecter les règles de droit de l’intercommunalité ; mais les Nanterriens veulent-ils ce type d’intercommunalité, orienté pôle d’affaires, ou préfèreraient –ils un partenariat avec des communes qui ont un développement de ville partagé avec Rueil-Malmaison et Suresnes, avec une logique de diversification et de schéma urbain moins dense ?
  4. la compétence urbanisme est une compétence de droit commun des communes, au plus près des usagers, a fin de faciliter les concertations ; le rapport propose plusieurs solutions pour escamoter les concertations, depuis l’exception législative jusqu’au PIG – projet d’intérêt général ; n’étant pas spécialiste en urbanisme, j’ia eu al curiosité d’aller voir ce qui justifiait un PIG et j’ai découvert que c’était une procédure pour éviter une catastrophe : honnêtement je trouve que la catastrophe c’est plus le doublement de La Défense que la poursuite des aménagements de ville tels que notre PLU les prévoit !
  5. enfin les leçons de la crise financière viennent encore une fois de démontrer qu’il n’était pas possible de sécuriser la réalisation des infrastructures durables avec des partenariats public-privé, comme c’est prévu au rapport, sauf à vouloir les voir non aboutis ou fortement renchéris.
    Sur le fond enfin :
  6. plus aucun pays en développement je crois ne fait plus l’erreur qui a existé il y a cinquante  ans de prévoir des constructions sans prévoir le réseau de transport adapté ; pourtant c’est bien ce qui nous est proposé et les 20 000 salariés déjà prévus arriveront avant même que tout renforcement puisse être réalisé, les délais n’ayant pas été articulés ;
  7. la spécialisation tertiaire sièges sociaux, puisque que le projet propose grosso modo de doubler la surface actuelle de La Défense, non seulement expulserait les 6 v000 emplois existants, mais susciterait un renchérissement périphérique du foncier qui éloignerait tout le tissu PME actuel, qui fournit des emplois diversifiés avec une absence totale de mixité spatiale et fonctionnelle :
  8. enfin, si on sait faire des très belles tours en tant qu’objets, nul n’a réussi à organiser correctement l’espace public nécessaire à une telle concentration verticales sans créer de grandes surfaces, anxiogènes, qui posent des problèmes énormes d‘entretien et de sécurisation.
Le site de La Défense mérite d’être rénové mais son développement ne sera pas durable en s’appuyant sur une logique de spécialisation et en embouteillant toutes les voies d’accès. D’ailleurs, les promoteurs ne s’y sont pas trompés, qui n’acceptent de venir qu’avec uen exonération de taxes sur les bureaux et d’autres bonifications.

Nanterre n’est ni un village gaulois assiégé, ni un village métropolitain, selon al formule de M Lefret qui fait irrésistiblement penser à des arguments de promoteur essayant de solder un programme mal fichu.

Nanterre est une ville préfecture, qui doit avoir un projet global cohérent de ville pour garantir à ceux qui y vivent et travaillent la diversité de services et les facilités de déplacement qui justifient le fait de vivre en ville.

Ce projet doit être conforté en relation avec les communes voisines, qui ont-elles aussi tout à craindre de ce doublement de la Défense et de cette façon caricaturale de concentrer les profits et de renvoyer els charges et les nuisances à d’autres. Je vous remercie 

Marie-Laure Meyer
Conseillère municipale de Nanterre
Conseillère régionale d’Île-de-France
Représentante du CR au CA de l’EPAD

Documents de référence
Mission de prospective sur le quartier d'affaires de l'Ouest Parisien (Juin 2008)
Rapport de Pascal Lelarge, Préfet, Directeur Régional de l'Equipement d'Ile-de-France

Aménagement du secteur Nanterre-Arche (mai 1998)
Rapport de Gilles Ricono, Préfet, Directeur Régional de l'Equipement d'Ile-de-France
   
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