Un article du Parisien de samedi 26 avril reparle de la valse-hésitation du Conseil Général sur « Parcs en sport ». « Parcs en sport », rappelons-le, est un dispositif d’animations sportives gratuites, tous les étés depuis dix ans, à destination de groupes accompagnés d'enfants et de jeunes (souvent des centres de loisirs) qui se déroulent dans les parcs départementaux des Hauts-de-Seine. Annoncé d'abord comme supprimé puis suspendu, il est en passe d'être remis à l'ordre du jour devant le tollé suscité par sa disparition.

La Ville de Nanterre, qui propose elle-même de nombreuses activités à ses centres de loisirs, n'y envoie pas particulièrement ses groupes. Cela n'empêche, « Parcs en sport » existait et les raisons invoquées pour sa suppression laissent songeur : en gros, il coûte trop cher.

Or, là où ça devient intéressant, c'est que le Parisien donne des chiffres : l’opération toucherait environ 150 000 jeunes de 8 à 17 ans chaque année pour un budget de 1.2 million d'euros. Alors, saisissons ensemble notre calculatrice et regardons le coût moyen par enfant.

1 200 000 / 150 000 = 8.

8 € par jeune et par été !

Recomptons pour être sûrs.

Si les chiffres sont justes, c'est bien ça. 8 €.

C’est donc ça "un budget très lourd" aux dires du conseiller général délégué au sport, Cyrille Dechenoix.

Eh bien non, disons-le, ce n'est pas cher.

13 milliards de cadeaux fiscaux l'été dernier accordés par l'Etat aux Français les plus riches, ça c'est "très lourd" et "très cher". La seule réforme de l'impôt sur le revenu de l'été dernier a coûté 5 milliards d'euros dont 90% ont bénéficié aux 5% de Français les plus riches.

Reprenons nos calculatrices et voyons le cadeau fiscal par tête de pipe…

5% des Français = 3 175 000 personnes (chiffres INSEE)

90% de 5 milliards / 3 175 000 personnes = 1574 € !

Variante : raisonnons en foyers fiscaux.

5% des foyers fiscaux = 1 600 000 ménages (chiffres INSEE)

90% de 5 milliards / 1 600 000 ménages = 3125 € !

Voilà qui est cher.

Il paraît que les programmes scolaires ont été remaniés pour faire la part belle aux mathématiques. Il y en, à droite, qui ont un gros programme de révisions devant eux.

Sophie Donzel

   
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