Par Thérèse NGIMBOUS-BATJOM

Monsieur Le Maire, chers collègues

En octobre 2007, le gouvernement annonçait une nième réforme dans l’éducation nationale, cette dernière visant principalement l’école primaire. Selon, ce qui est alors indiqué, à l’époque, celle-ci aura trois volets :

  • une nouvelle organisation du temps scolaire,
  • la mise en place du soutien scolaire pour les élèves en difficulté,
  • et de nouveaux programmes.

Le 9 juin 2008, Monsieur DARCOS a signé un arrêté qui fixe la nouvelle organisation du temps scolaire dès la rentrée prochaine. Une fois de plus, nous faisons le constat qu’il ne s’agit pas d’une réelle réforme qui, si tel était le cas, aurait eu pour impératif de tenir compte, en premier lieu de l'intérêt de l'enfant, mais bien d’une simple manœuvre idéologique dont les deux objectifs principaux sont le démantèlement des services publics, en fragilisant encore plus, au passage les enfants les plus nécessiteux d’une part, et d’autre part la recherche des économies par tous les moyens.

L’école de Jules FERRY, gage d’égalité des chances est aujourd’hui mise à mal par le nouveau dispositif tel qu’il est défini par l’arrêté du 9 juin 2008. En effet, avec une baisse du volume horaire hebdomadaire de deux heures, on passe de 936 heures à 864 heures par an, soit 24 heures hebdomadaires au lieu de 26 heures. En tenant compte des 60 heures prévues pour le soutien scolaire, que deviennent alors les 12 autres heures ? Silence de la part du gouvernement sur ce point.

De tout temps, la Droite française s’est toujours violemment attaquée à l’école publique, en la spoliant de ses moyens. C’est la même logique qui continue ; et aujourd’hui l’éducation de nos enfants est la première victime de la réduction des emplois dans la Fonction publique d’état.

La décision démagogique du gouvernement, imposée aux acteurs de l’Education Nationale que sont : les enfants, le corps enseignant, les familles et les communes, est purement et simplement un moyen, pour celui-ci, de réaliser des ECONOMIES sur leur dos.

Applicable à la rentrée scolaire prochaine, ce dispositif ne facilite ni la tâche des enseignants, ni celle des familles. Elle n’explique pas les conditions dans lesquelles les enfants ayant plus de difficultés devront être accueillis. Rien n’est dit non plus sur le cas des défaillances passagères ; ces élèves seront-ils eux aussi pris en charge ou pas ! Et si oui à quel moment la défaillance passagère sera t-elle constatée et par qui ?

Quel horaire mettre en place pour les enfants les plus fragilisés lorsqu’on sait qu’ils ne doivent pas travailler plus de 6 heures par jour ? Or, dans ce dispositif, ils seront ceux qui travailleront plus par jour.

Dans cette situation, il n’y a aucune certitude qu’en effectuant la demie heure ou l’heure supplémentaire journalière à l’école, cela améliorerait leurs résultats. En plus de cela, il faudrait aussi tenir compte d’une sorte de stigmatisation dont ils feront l’objet, de la part de leurs petits camarades qui, eux, feraient l’horaire journalier normal en arrivant plus tard ou plus généralement en rentrant plus tôt.

Quant aux familles ayant au moins deux enfants dans le même établissement, leur organisation sera chaotique car elles seront obligées de s’y rendre deux fois à l’intervalle d’une demie heure ou d’une heure, pour peu qu’un des deux enfants soit concerné par le dispositif.

Cette politique témoigne de la volonté de Monsieur SARKOZY et de son gouvernement d’opposer les différents acteurs de l’éducation les uns des autres. Elle est, également, néfaste pour nos enfants car elle contraindra de nombreux établissements à réduire des classes tout en surchargeant d’autres.

Face à cette offensive contre l’Education Nationale, le groupe socialiste de la municipalité de Nanterre déplore et conteste cette décision qui revient dans les faits à abaisser l’année scolaire dans le 1er degré en France à 136 journées alors que la moyenne dans les pays développés comme le nôtre est de 180 jours.

   
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