Il y eut la première étape : Mars 2008. A  21 ans le fils cadet de Nicolas Sarkozy  est élu conseiller général de Neuilly. Tout le monde se rappellera le feuilleton rocambolesque qui amena le fils du président à se présenter à l'élection cantonale : lâchage et  lynchage de son colistier David Martinon, candidat malheureux désigné par l'Elysée à l'élection municipale. Entente cordiale avec Jean Christophe Fromentin pour le partage des mandats, la Mairie pour le premier, le canton pour le deuxième et le soutient de Nicolas Sarkozy pour tous.
Ce dernier oubliera rapidement sa récente déclaration "Je veux une démocratie irréprochable où le critère de la compétence l'emporte sur celui des amitiés et des connivences" (12 février 2007).
Dans la foulée, la jeune tête blonde prendra la tête de la section UMP de Neuilly-Puteaux, une des plus grosses section UMP de France en nombre d'adhérents.

Sous ses airs modestes, "J'ai tout à prouver ! J'ai tout à démontrer !", Jean marche promptement sur les pas de son père. Son ascension fulgurante en politique ne fait que commencer.

Deuxième étape : Juin 2008, Jean Sarkozy devient président du groupe UMP au conseil général des Hauts de Seine, contre le souhait de Patrick Devedjian l'actuel Président du CG 92,  mais avec le fervent soutient d'Isabelle Balkany, ennemie de ce dernier et amie des Sarkozy. Difficile encore une fois de ne pas soupçonner le coup de pouce du Président pour son fils afin de conserver la main-mise sur le département le plus riche de France. Inutile de protester à l'UMP pour dénoncer l'inexpérience du jeune homme pour ce poste hautement stratégique. Quiconque s'opposerait au fils, défierait le Président. Personne ne se risquerait à une telle mésaventure.

La troisième étape a faillit être franchie en janvier dernier quand la rumeur installait le chérubin à la direction de l'UMP, au poste de secrétaire général adjoint. L'intéressé rejetait aussitôt l'accusation et tentait de dénouer les soupçons de népotisme qui pesaient lourdement sur sa réussite rapide.

"Je suis conseiller général parce que les Neuilléens m'ont fait confiance et m'ont élu".

" Je suis délégué UMP de la 6ème circonscription des Hauts-de-Seine parce que les adhérents m'ont fait confiance et m'ont élu. "

"Enfin, je suis président du groupe de la majorité départementale au conseil général parce que mes collègues me font confiance et m'ont élu".

"Je m'applique aujourd'hui à construire mon parcours autour de la légitimité électorale. Et c'est ce qui m'importe".

Certes Jean fut élu démocratiquement à chaque processus électoral, mais qui d'autre qu'un fils de président de la République en exercice aurait accédé si jeune et si rapidement à de telles responsabilités ?

Alors la véritable troisième étape est peut-être en route ?
J'ai lu avec stupéfaction dans la presse ce week end que Joelle Ceccaldi-Raynaud, Maire de Puteaux et députée de la circonscription Neuilly-Puteaux, serait disposée à céder son siège à l'Assemblée Nationale (contre un siège de député Européèn, en guise de compensation, bien évidemment) à Jean Sarkozy, siège qu'elle tient elle-même de …Nicolas. Tiens donc, celui qui il y a quelques mois encore avouait : "Je n'ai pas d'ambition nationale", se verrait bien siéger au palais Bourbon. Seul problème avant d'organiser une élection partielle, il faudra attendre que la chère telle blonde fête ses 23 ans en septembre prochain, âge minimum légal pour être candidat au parlement. Un beau cadeau d'anniversaire en perspective.

Il est certain que Jean, le Lucky Luke de la politique, celui qui grignote du pouvoir plus vite que son ombre, fera une déclaration somme toute modeste  «Je suis député de la sixième circonscription des Hauts de Seine  parce que les Neuilléens et les Putéoliens m'ont fait confiance et m'ont élu".

Et grâce au soutient indéfectible d'un père, Président de la République, prêt à tous les abus de pouvoir  pour satisfaire les ambitions mal dissimulées de son fils.

Les électeurs sont le dernier rempart à cette forme de monarchie élective que le pouvoir en place tente d'imposer. Il n'y a guère que par le suffrage universel que  l'expression populaire peut et doit affirmer son rejet  pour des pratiques familières dans les pays en mal de démocratie.


Les Neuilléens et les Putéoliens oseront-ils ?

   
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