L'affaire fait grand bruit depuis que le journal Libération a rapporté il y a quelques jours  l'affaire de ce salarié de TF1, responsable du pôle innovation web, licencié pour ses convictions, après avoir contesté la loi Hadopi dans un courriel adressé à titre privé à sa député Françoise de Panafieu.

Décidément, ce projet de loi qui pose de nombreux problèmes au gouvernement et à sa majorité à fait sa première victime.
Jérôme Bourreau-Guggenheim , avait écrit il y a quelques semaines à sa député, comme le font habituellement de nombreux citoyens, pour exprimer ses positions et son opposition sur la loi Hadopi.

On connait maintenant la suite scandaleuse qui a été donnée à ce courrier : apparemment la député a transféré ce courriel au ministère de la culture car le contenu était "interessant et argumenté". Puis le ministère (qui donc et le saura t-on un jour ?)  le transfert à la direction de TF1. Conséquence  : la décision de la chaine privée est sans appel : "licenciement pour divergence forte avec la stratégie de l'entreprise".

Même si ce n'est pas une surprise, à quel moment l'entreprise a t'elle rendue publique sa position ?

Cette semaine  les députés ont adopté un amendement, le 175, au paragraphe 6 du texte de loi qui prévoit qu'HADOPI ne doit pas surveiller les correspondances privées.
D'autre part il est bon de rappeler, comme l'a fait la député socialiste Sandrine Mazetier en évoquant cette affaire, l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme qui  proclame le droit au respect de la vie privée et familiale :  extrait


 « Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d’autrui. »

Idem pour l’article 12 de la Déclaration universelle des droits de l’homme : « Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes. »

Inutile avec ce nouvel épisode de rappeler les risques que nous nous autres internautes encourons  avec ce projet de loi : la mise sous surveillance du Net et la mise en place d’un système de répression scandaleux.
 
Alors que penser de ce climat délétère, de cet acte de dénonciation odieux du pouvoir  ? Un citoyen n'aura t'il plus le droit de faire connaitre une opinion si elle  entre en  contradiction avec l'idéologie exprimée  par le pouvoir? Cela deviendrait-il un délit ? Assistons-nous à un recul insidieux de notre démocratie ?

Enfin dernière réflexion et pas la moindre :  était-il encore nécessaire de prouver les liens étroits qui lient l'actuel pouvoir aux médias et à la chaine de Martin Bouygues en particulier ?
 "Ces médias amis du pouvoir" lesquels ne se gênent plus aujourd'hui pour afficher au grand jour leur proximité avec le pouvoir Sarkozien.

 

La vidéo du débat entre la ministre Christine Albanel et les députés Françoise de Panafieu, Patrick Bloche, Martine Billard, Jean Pierre Brard au sujet de ce licenciement.

   
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