Débat animé par Rachid Tayeb, secrétaire de section, en présence d'Alain Vidalies.

Alain Vidalies est député des Landes et secrétaire national du Parti Socialiste au travail et à l’emploi. Elu député pour la première fois en 1988, Alain Vidalies consacre une grande part de son travail parlementaire à la défense des droits des salariés.

Il fut rapporteur de lois sociales importantes (loi sur la prévention des accidents du travail, loi limitant le recours à l'intérim et aux CDD, loi portant création du conseiller du salarié, loi sur la lutte contre le travail clandestin). Il s'engagea également pleinement dans le débat sur les 35 heures et fut rapporteur de la mission sur l'esclavage moderne qui dénonça le scandale de l'exploitation et de la traite des êtres humains.

La politique conduite par le gouvernement en place et le Président Nicolas SARKOZY repose sur un message destiné à chacun individuellement. Il est fondé sur l’idée de compétition qui est destructrice des solidarités et des formes de coopération. Derrière cette communication politique, c’est une attaque des valeurs fondamentales de la gauche qui est en œuvre : solidarité, justice sociale, équité. La tentative de taxation des indemnités journalières des accidents du travail est exemplaire de cette logique de sape des systèmes sociaux de protection.

Cette idéologie se décline ensuite en autant de mesures de politique économique libérale aux effets dramatiques pour l’emploi :

  • Le « travailler plus pour gagner plus » qui encourage chacun à faire des heures supplémentaires et qui laisse entendre qu’il s’agit d’une décision librement consentie des salariés alors que ce sont les employeurs qui en décident réellement.

  • La modification des règles du droit du travail qui permet désormais d’établir des règles par branche professionnelle mois favorables au salarié, moins protectrices, là où jusqu’à présent la règle nationale prévalait.

  • Le bouclier fiscal en est également le symbole en matière d’inéquité sociale puisqu’il permet à quelques grandes richesses françaises de se voir restituer jusqu’à 380 000 euros par an.

  • Multiplication des niches fiscales

  • Suppression d’un poste de fonctionnaire sur deux alors que l’essentiel des missions des 2.5 millions de fonctionnaires de l’Etat est liée à l’éducation, la justice, la défense, la sécurité.

Cette politique libérale n’a pas été infléchie par la crise économique, ce qui a eu des effets désastreux en accélérant le développement du chômage et de la précarité. En effet, les entreprises ont davantage intérêt à développer les heures supplémentaires qu’à embaucher. Les premiers travailleurs touchés sont ceux qui ont des contrats à durée déterminée et qui font des missions d’intérim et également les chômeurs. Même en situation de reprise économique, les embauches ne seront pas encouragées puisque les heures supplémentaires restent plus rentables financièrement pour les employeurs.

Parallèlement, les réformes en cours qui concernent les collectivités territoriales fragilisent celles-ci alors qu’elles sont a minima un filet de sécurité pour nos concitoyens, et peuvent également impulser des investissements publics créateurs d’emplois.

Face à la crise économique, le politique peut-il encore quelque chose ? Le parti socialiste le pense et défend une autre politique économique fondée sur des choix différents en matière fiscale notamment. Ainsi :

  • Mettre fin au bouclier fiscal

  • Encourager les investissements des entreprises lorsqu’ils sont orientés non vers des placements en capital, mais pour soutenir la recherche et le développement (R&D), en diminuant l’impôt sur les sociétés dans ce dernier cas.

  • Moduler l’impôt sur les sociétés en fonction de la part des emplois précaires existant dans l’entreprise (+ d’emplois précaires = + d’impôt).

  • Création d’un fonds d’investissement national public pour soutenir les grandes politiques de relance économique.

  • Pour les travailleurs, valoriser le « travailler mieux » notamment en renforçant le rôle des comités hygiène et sécurité des entreprises. Par exemple, en contrôlant les objectifs donnés aux personnels et qui est facteur de souffrance au travail lorsqu’ils sont impossible à atteindre.

  • Changer le droit afin que les entreprises ne puissent plus licencier alors qu’elles font des bénéfices. Concrètement elles devraient : rembourser les aides publiques qu’elles ont reçues ; payer le plan de restructuration de la société et pourraient être mises sous tutelle temporaire sur décision de justice.

Attention : Les statistiques du chômage présentées par le gouvernement et qui sont reprises dans les médias minorent la réalité. Ainsi, seuls les chômeurs de catégorie A (immédiatement disponibles pour un emploi à temps plein) sont largement communiqués (2 661 000 en mars). Les chômeurs des catégories B et C, c'est-à-dire ceux qui font moins de 78 heures par mois ne sont pas commentés alors que leur nombre augmente.

D’autres mesures socialistes sont présentées sur le site national du PS.

Dans la salle, plusieurs élus et présidents ou membres d’association sont intervenus pour alimenter la discussion Sophie DONZEL, Marie-Laure MEYER, Habiba BIGDADE, Thérèse NGIMBOUS, André CASSOU, Présidente d’Assol, Président de l’association Les Oranges… (toutes les vidéos http://www.dailymotion.com/playlist/x1c2rz_psnanterre_debat-emploi-vidalies-5-mai-2010).

 

   
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