par Amandine ROUAH, militant socialiste de Nanterre

Hier, l’Assemblée nationale a voté le projet de loi gouvernemental dont le cœur consiste à repousser l’âge légal de départ à la retraite. L’ensemble du projet repose sur cette seule mesure, le gouvernement tentant vainement de nous convaincre de l’inéluctabilité de cette évolution comme si aucun autre choix n’était possible.

Cette régression, le parti socialiste la dénonce depuis maintenant plusieurs mois aux côtés des syndicats. Nous étions nombreux en juin et mardi dernier à marcher ensemble et à scander notre opposition face à un projet qualifié abusivement de réforme. Cette loi n’est pas seulement l’attaque d’un symbole dont la gauche est à l’origine puisque mis en place par François Mitterrand, mais aussi très concrètement une mesure qui conduira mécaniquement à une hausse des inégalités dans notre pays.

Car l’effort national demandé n’est pas équitablement réparti, puisque les salariés ayant commencé à travailler très jeunes seront les premiers touchés par ce report de l’âge légal.

S’y ajoute, la question de la prise en compte de la pénibilité que le gouvernement a négligée et volontairement réduite à la portion congrue dans son projet. En faisant reposer l’évaluation de la pénibilité sur un diagnostic médical, la loi ignore un pan entier de pathologies qui ne se déclarent que plusieurs années après la cessation d’activité, notamment les cancers.

Socialement -et ce n’est pas la moindre des lacunes - ce projet ne s’inscrit pas dans une réflexion globale sur la place des plus de 50 ans dans les entreprises et plus généralement dans notre société. La question de l’emploi des personnes dites « séniors », alors que nous sommes le mauvais élève de l’OCDE, est donc renvoyée à plus tard par le gouvernement.

Ce choix aboutit à un paradoxe puisqu’il exige de travailler plus longtemps alors que beaucoup aujourd’hui n’ont même pas d’emploi !

Enfin, et c’est le comble, ce projet est de court-terme sur le plan budgétaire. D’une part, il ne suffit pas lui-même pour rééquilibrer durablement le financement des retraites et d’autre part, il ponctionne le Fonds de réserves créé par les socialistes qui était un gage de sécurité pour l’avenir.

Les propositions des socialistes étaient pourtant nombreuses : revoir le financement global des retraites en mettant à plat notre fiscalité et en y incluant les revenus du capital, inclure des critères reconnus de pénibilité (travail de nuit, exposition au risque chimique et métiers exposés à des travaux physiques importants), enfin avancer sur la question de l’emploi des séniors.

Un nouvel appel à manifester a été lancé par les syndicats sur la date du 23 septembre.

Venons nombreux car ce projet, régressif, doit être contesté avec force !

   
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