Tribune Nanterre Info

Nous voulons une politique du logement solidaire et équitable

 

Dans son titre 2, la loi Egalité et citoyenneté du 27 janvier 2017 prévoit de lutter contre les ségrégations sociales et territoriales et de favoriser l’égal accès de chacun à un logement abordable adapté à ses besoins quels que soient son lieu de résidence et son niveau de revenus.

Pour atteindre ces objectifs les 3 leviers suivants ont été activés :

  • Une réforme des attributions des logements sociaux,
  • L’augmentation de construction de logements sociaux,
  • Une meilleure répartition des loyers dans le parc social,

Cette dernière mesure vise, notamment, à favoriser la mobilité et à rendre plus équitable le niveau de loyer acquitté par les ménages dépassant les plafonds de ressources pour les logements sociaux les mieux localisés.

Il s’agit concrètement de renforcer le supplément de loyer de Solidarité (SLS), plus couramment nommé surloyer et d’avoir la possibilité de contraindre tout locataire dont les revenus atteignent 150 % du plafond de ressource PLS (prêt locatif Social) à quitter son logement dans les 18 mois.

Les opposants à cette mesure  craignent l’éviction des classes moyennes qui garantissent, le maintien de la mixité sociale qui serait le seul rempart contre la ghettoïsation de certains territoires.

Selon nous, la question de la mixité sociale est un combat bien plus complexe. Elle dépend avant tout d’une volonté politique de conserver des services publics et d’améliorer la qualité de vie pour tous et dans tous les quartiers.

Le véritable problème est ailleurs, il est notamment dans le manque crucial de logement et le nombre de plus en plus important de personnes qui souhaitent accéder au parc social notamment dans les zones tendues comme la région IDF. La rotation insuffisante des occupants ne fait qu’exacerber ce problème. Pour exemple, en 2015 la France décomptait 1 876 000 demandeurs de logement social et seuls 479 000 ont pu y accéder.

La crise du logement que connait notre pays mérite une politique ambitieuse en matière de production de logements. Le gouvernement actuel ne semble pas avoir pris la mesure de cette situation. En tout état de cause ce n’est pas en faisant porter aux bailleurs sociaux la baisse des APL via un dispositif dit de « réduction de loyer de Solidarité » qu’il parviendra à endiguer ce phénomène.

Ce dispositif coûtera 3 millions d’euros à l’OMHLM de Nanterre qui ne pourront plus être consacrés à l’entretien du patrimoine et la construction de nouveaux logements.

 

Un tel contexte nous oblige à faire preuve de solidarité et d’équité. Aussi, notre rôle  en tant qu’élus locaux, est de loger en priorité les plus fragiles et appeler ceux qui le sont moins à participer à leur tour à l’élan de solidarité.

 

Notre OMHLM comprend environ 10700 logements. Parmi ces logements, environ 1200 sont susceptibles d’être soumis au surloyer car situés hors quartier politique de la ville (QPV). Aujourd’hui, seuls 200 foyers relèvent du surloyer au regard de leurs revenus. Pourtant, ce dispositif suscite quelques oppositions.

Cette impopularité à la marge ne doit pas faire fléchir les administrateurs de l’office. C’est en logeant les plus fragiles qu’elle continuera à jouer son incontestable rôle social souligné dans le rapport l’Ancols (Agence nationale de contrôle du logement social) remis en juin dernier.

Pour toutes ces raisons et au nom des valeurs de solidarité et d’équité qui les animent, les élus socialistes approuvent l’application du surloyer.

Santé Mentale: l’affaire de tous

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime qu’en 2020, une personne sur cinq, sera touchée par un trouble mental.

Dépression, troubles bipolaires, Schizophrénies, Trouble Obsessionnel compulsif (TOC) Burn out… Si ces différents troubles psychiques recouvrent des réalités diverses, ils restent tous préoccupants et représentent un véritable enjeu de société et de santé publique.

 C’est un véritable enjeu, car nous devons assurer, à tous sans exception,   des  soins de qualité. Au-delà de cette exigence sanitaire, il s’agit également de les préserver de toutes formes d’exclusion et de discrimination.

Accompagner chacune de ces situations individuelles nécessite une volonté politique et exige de mettre en place des actions en matière de logement, de travail et de participation citoyenne.

Pour être à la hauteur de ces enjeux, les gouvernements successifs, depuis 2005, ont mis en œuvre en concertation avec l’ensemble des acteurs et professionnels de santé des plans pluriannuels psychiatrie et santé mentale. Ces stratégies nationales ont vocation à guider les pratiques territoriales.

A Nanterre, contrairement à la quasi-totalité des villes du 92, la santé, bien qu’elle ne soit pas une compétence obligatoire, occupe une place importante dans le pacte de solidarité que nous avons signé avec les Nanterriens. La question de la santé mentale est, également, au cœur de nos préoccupations sanitaires.

Dans ce sens, nous avons avec l’hôpital Max Fourestier mis en place un conseil local de santé mentale (CLSM). Cette plateforme de concertation repose sur un triptyque composé de représentants municipaux, des services de psychiatrie de l’hôpital et d’une association représentant les personnes souffrants de ces troubles.

Cette cellule agit pour améliorer la vie quotidienne des personnes prises en charge. Par exemple dans notre ville le CLSM agit sur une composante essentielle à ce bien être à savoir le logement grâce à l’implication des bailleurs et des gardiens d’immeuble.

Ce conseil intervient également de manière plus collective à travers des actions visant à lutter contre la stigmatisation. L’année dernière dans le cadre des semaines d’information sur la santé mentale qui avait pour thème le travail, nous avons mis à l’honneur à travers une exposition de photographie intitulée « fou de gourmandise » des salariés travaillant dans un Etablissement ou Service d'Aide par le Travail (ESAT).

Forts de notre engagement sur ces questions, nous avions, en tant que membre du conseil d’administration du CASH, qu’en tant manifesté notre inquiétude sur les conditions d’accueil de 133 lits supplémentaires provenant de l’hôpital psychiatrique Roger Prévost de Moiselle (95). Notre préoccupation portait notamment sur l’impact de cette décision sur l’équilibre entre les différents pôles médical, social et psychiatrique de l’établissement.

Aussi c’est avec satisfaction que, lors du dernier CA, nous avons pris acte de la décision de l’Agence Régionale de Santé. Cette dernière s’est engagée à maintenir le périmètre actuel de l’offre de soins et à installer les nouveaux services de psychiatrie dans un bâtiment neuf, moderne, offrant les meilleures conditions de prise en charge des patients, dans le cadre d’un projet urbain et architectural installant l’hôpital dans la ville. Vous pouvez compter sur nous pour rester vigilants afin que cette annonce soit suivie d’actes concrets.

   
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