Tribune Nanterre Info

  Démocratie participative à Nanterre 

une mutation urgente est nécessaire

Les habitants n’attendent pas des bennes à ordure, ils veulent une ville propre ; ils n’attendent pas des rondes de médiateurs, ils veulent que la police agisse et peu importe qu’elle soit nationale ou municipale.

Ils ne réclament pas des immeubles de logements aux couleurs chatoyantes, ils veulent un lieu confortable et adapté à leur vie familiale, du travail, une bonne école pour leurs enfants.

Les habitants d’aujourd’hui analysent, comparent, contrôlent ce que promet ou réalise la municipalité. Face à cela, elle semble prise de court ; la circulation de l’information à la vitesse des réseaux sociaux, les communautés protéiformes se recomposant au gré des humeurs, tout concourt à transformer progressivement les citoyens certes en « consommateurs » mais surtout en « fabricants » de la ville.

Notre municipalité n’accompagne pas cette évolution et son fonctionnement reste trop vertical. Sous couvert de démocratie participative vantée à tous crins, nous ne parvenons pas à faire muter notre organisation ; sans un changement fort des personnes cette évolution vitale en marche partout dans le monde n’aura pas lieu à Nanterre ; cela n’est pas acceptable !

Les budgets participatifs que nous, socialistes, avons réclamés sont le premier étage de la fusée, mais ils sont très insuffisants ; nous ne pouvons pas en rester là.

Arrêtons ces réunions publiques à sens unique, haut-lieu d’autosatisfaction municipale. Nous devons créer des « city labs », des tiers lieux où les problèmes s’exposent à livre ouvert, où des solutions se construisent et où les élus viennent écouter.

Il nous faut la Station F de la citoyenneté à Nanterre pour tester, créer, lancer, se tromper et voir les citoyens créer la ville qu’ils souhaitent et non pas celle que veulent les élus ; c’est à ce prix que nous pourrons mobiliser nos enfants et les accompagner pour créer leur monde.

Notre politique pour la jeunesse basée sur l'assistance, concept datant du siècle dernier, sans perdre sa dimension sociale, doit laisser la place à un véritable accompagnement d’une jeunesse qui invente et se projette.

Agir contre la violence faite aux femmes

Le 25 novembre prochain sera la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Ce sujet fait d’ailleurs sinistrement la une de l’actualité depuis que l’affaire du producteur américain Harvey Weinstein a éclaté. Les langues se délient sur les réseaux sociaux, notamment. Cependant les réseaux sociaux ne remplaceront jamais l’action concrète l’écoute et le dialogue pour aider les victimes. Espérons que cette affaire médiatique permettra une prise de conscience.

En France, chaque année plus de 200 000 femmes âgées de 18 à 75 ans sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur ancien ou actuel partenaire intime. Il s’agit dans la plupart des situations de violences intra- familiales ou dans un environnement familial proche. En 2016, 109 femmes sont mortes après avoir été violentées.

Aussi alarmants soient-ils, ces chiffres ne traduisent pas la véritable ampleur de ces violences et même si ce sujet est désormais mieux connu et davantage dénoncé, encore trop de victimes se murent dans le silence, par peur. Certaines sont orientées à tort vers de simples dépôts de mains courantes. Ainsi, est estimé que seules 14 % des victimes déposent plainte.

Considérant que ces violences bafouent les droits et la dignité des femmes et qu’elles sont le premier obstacle de l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, le précédent gouvernement a agi dès 2012 avec détermination pour éradiquer ce fléau.

De véritables avancées ont été réalisées grâce au 4ème plan de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes, qui avaient vocation à mieux repérer les violences et mieux prendre en charge les victimes.  

L’apparition du 3919 (le numéro d’écoute et d’orientation anonyme gratuit adapté aux femmes victimes de toutes formes de violences) a dès 2014 permis de prendre charge environ 50 000 appels par an. 327 lieux d’écoute de proximité sont désormais recensés sur l’ensemble du territoire et 1550 places d’hébergement ont été créées. Enfin plus de 300 000 professionnel.le.s ont été formé.e.s.

L’actuelle secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes promet d’autres avancées pour 2018. En effet, le gouvernement entend présenter un projet de loi «contre les violences sexistes et sexuelles ».

Nous espérons qu’il ne s’agit pas là qu’un effet d’annonce et que les moyens seront au rendez-vous. La suppression des crédits subie par le CIDFF 92 (centre d’information sur les droits des femmes et familles), qui agit pour l’accès aux droits des femmes victimes de violences n’est pas fait pour nous rassurer.

 

   
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