Tribune Nanterre Info

Monsieur le Ministre le compte n’y est pas !

Il y avait bien longtemps que nous n’avions pas vu une préparation de rentrée scolaire aussi mouvementée et une situation dans les écoles de Nanterre aussi peu satisfaisante.

Il faut dire que le ministre de l’Education Nationale n’a pas qu’une réforme dans son chapeau. L’école obligatoire dès 3 ans, le dédoublements des CP et CE1 dans les écoles en REP, la réforme du Bac, les règles de sélection à l’université via la plateforme «Parcoursup»de la maternelle à l’université, aucun niveau n’est épargné par la machine « à détricoter ».

Cette histoire commence dès juin 2017 avec le décret sur les rythmes scolaires. Sous prétexte de liberté de choix, on met en réalité les villes en concurrence au dépend du principe fondateur de l’école en France c’est-à-dire l’Education NATIONALE.

Face à cette situation, la question fondamentale à se poser est : Peut-on faire des réformes ambitieuses sans aucun moyen supplémentaire ? 

Le principe qui consiste « à déshabiller Pierre pour habiller Jacques » que semble vouloir adopter le gouvernement, ne peut pas être une réponse satisfaisante.

 

En effet il ne faudrait pas que la scolarisation des moins de 3 ans passe aux oubliettes au nom de l’obligation de scolarité à partir 3 ans.

 

Aujourd’hui à Nanterre l’obligation de scolarisation dès 3 ans est de l’ordre du symbole, puisque 96% des enfants le sont déjà. De plus cela obligera les villes à faire un gros cadeau aux établissements privés qui s’élèvera à Nanterre à environ 100 000 €.

En effet, les villes sont contraintes de subventionner le privé sous contrat pour toute scolarisation obligatoire.

 

Il ne faudrait pas non plus que le dédoublement de CP et de CE1 en REP entraine des fermetures de classe ayant pour conséquence d’altérer les conditions de scolarité d’autres élèves de la ville.

Nous voulons une politique du logement solidaire et équitable

 

Dans son titre 2, la loi Egalité et citoyenneté du 27 janvier 2017 prévoit de lutter contre les ségrégations sociales et territoriales et de favoriser l’égal accès de chacun à un logement abordable adapté à ses besoins quels que soient son lieu de résidence et son niveau de revenus.

Pour atteindre ces objectifs les 3 leviers suivants ont été activés :

  • Une réforme des attributions des logements sociaux,
  • L’augmentation de construction de logements sociaux,
  • Une meilleure répartition des loyers dans le parc social,

Cette dernière mesure vise, notamment, à favoriser la mobilité et à rendre plus équitable le niveau de loyer acquitté par les ménages dépassant les plafonds de ressources pour les logements sociaux les mieux localisés.

Il s’agit concrètement de renforcer le supplément de loyer de Solidarité (SLS), plus couramment nommé surloyer et d’avoir la possibilité de contraindre tout locataire dont les revenus atteignent 150 % du plafond de ressource PLS (prêt locatif Social) à quitter son logement dans les 18 mois.

Les opposants à cette mesure  craignent l’éviction des classes moyennes qui garantissent, le maintien de la mixité sociale qui serait le seul rempart contre la ghettoïsation de certains territoires.

Selon nous, la question de la mixité sociale est un combat bien plus complexe. Elle dépend avant tout d’une volonté politique de conserver des services publics et d’améliorer la qualité de vie pour tous et dans tous les quartiers.

Le véritable problème est ailleurs, il est notamment dans le manque crucial de logement et le nombre de plus en plus important de personnes qui souhaitent accéder au parc social notamment dans les zones tendues comme la région IDF. La rotation insuffisante des occupants ne fait qu’exacerber ce problème. Pour exemple, en 2015 la France décomptait 1 876 000 demandeurs de logement social et seuls 479 000 ont pu y accéder.

La crise du logement que connait notre pays mérite une politique ambitieuse en matière de production de logements. Le gouvernement actuel ne semble pas avoir pris la mesure de cette situation. En tout état de cause ce n’est pas en faisant porter aux bailleurs sociaux la baisse des APL via un dispositif dit de « réduction de loyer de Solidarité » qu’il parviendra à endiguer ce phénomène.

Ce dispositif coûtera 3 millions d’euros à l’OMHLM de Nanterre qui ne pourront plus être consacrés à l’entretien du patrimoine et la construction de nouveaux logements.

 

Un tel contexte nous oblige à faire preuve de solidarité et d’équité. Aussi, notre rôle  en tant qu’élus locaux, est de loger en priorité les plus fragiles et appeler ceux qui le sont moins à participer à leur tour à l’élan de solidarité.

 

Notre OMHLM comprend environ 10700 logements. Parmi ces logements, environ 1200 sont susceptibles d’être soumis au surloyer car situés hors quartier politique de la ville (QPV). Aujourd’hui, seuls 200 foyers relèvent du surloyer au regard de leurs revenus. Pourtant, ce dispositif suscite quelques oppositions.

Cette impopularité à la marge ne doit pas faire fléchir les administrateurs de l’office. C’est en logeant les plus fragiles qu’elle continuera à jouer son incontestable rôle social souligné dans le rapport l’Ancols (Agence nationale de contrôle du logement social) remis en juin dernier.

Pour toutes ces raisons et au nom des valeurs de solidarité et d’équité qui les animent, les élus socialistes approuvent l’application du surloyer.

   
© PSNanterre